Bruno Tshibala, dernier premier ministre sous la présidence Kabila et Pierre Kangudia, ex ministre d’État au budget du gouvernement précédent, ont signé un décret octroyant des avantages à vie aux anciens membres du gouvernement.

Le sujet fait grand bruit, à ce titre que les avantages octroyés sont trop élevés. Le tollé suscité par cette affaire dans l’opinion publique congolaise, et les appels à l’annulation de ce décret lancés par les organisations de la société civile, et la classe politique ont fait réagir Félix Tshisekedi. En invitant le gouvernement sortant à venir s’expliquer, le cabinet de la présidence a précisé qu’une décision sera prise après audition du gouvernement sortant.

L’éventail de personnalités concernées par ce décret est large, allant des anciens vices premiers ministres, aux secrétaires généraux adjoints du gouvernement, sans oublier les ministres délégués ou les vice- ministres. En plus de l’indemnité mensuelle de 30% des émoluments perçus lorsqu’ils étaient en fonction, ils recevront pour certains désormais * »une indemnité mensuelle de logement de 1000 dollars, un titre de voyage par an sur le réseau international en classe affaire, un passeport diplomatique ainsi que des garanties pour des soins médicaux en RDC ou à l’étranger. »* Sont accordés pour d’autres, « une indemnité de logement de 5000 dollars, un véhicule-prêt renouvelable tous les 5 ans, un titre de voyage par an en classe affaire pour la personnalité, sa conjointe et leurs enfants mineurs,un passeport pour chaque membre de sa famille, des soins médicaux au pays et à l’étranger, des funérailles officielles et une garde sécuritaire de 2 à 3 policiers. »

Selon les calculs de Valéry Madianga, expert en finances publiques, ce décret pourrait coûter à l’État, près de 28 millions de dollars par an. Considérant que ce décret violait la constitution, l’Association Congolaise pour l’Accès à la Justice ACAJ, appelle le gouvernement a revenir à la légalité en annulant ce décret.
Pour sa part, l’opposant Adam Bombole toujours debout contre cette décision, estime que le dernier gouvernement de Joseph Kabila s’est fourvoyé. « La loi est et sera toujours au-dessus d’un décret. »

Midohui Têko