Confronté à des contestations quasi quotidiennes, le président soudanais Omar El-Bechir adopte la souplesse dans ses propos et décisions. Il a même pris l’engagement de libérer les journalistes arrêtés, en marge des mouvements de contestation.

Omar El-Bechir plus conciliant

Les tons et les mots ont changé. Les déclarations des autorités de Khartoum sont presque apaisantes. Le ministre soudanais de la défense Aouad Mohamed Ahmed Ibn Aouf déclarait lundi 4 février que, les jeunes qui contestent dans les rues avaient des « motivations raisonnables », alors qu’avant lui, le premier ministre soudanais Moataz Moussa trouvait « légitimes », les appels à l’amélioration des conditions de vie.
Omar El-Bechir a lui-même reconnu devant des journalistes invités ce 6 février au palais présidentiel que, « la plupart des manifestants sont des jeunes gens que certains facteurs poussent à descendre dans la rue, comme l’inflation (…), les opportunités restreintes de trouver un emploi correspondant aux diplômes obtenus ». Des propos à l’antipode de ses déclarations antérieures où il demandait entre-autres aux « rats de regagner leurs trous ».

45 morts déjà selon les ONG

Nées du triplement du prix du pain et d’autres problèmes économiques le 19 décembre 2018, les manifestations se sont peu à peu transformées en mouvement de contestation contre Omar El-Bechir au pouvoir depuis 1989. Pour disperser les manifestants, la police soudanaise a fait usage de gaz lacrymogènes et parfois de tires à balles réelles, tuant 45 manifestants selon les organismes de défense des droits humains. Le gouvernement quant à lui avance un bilan de 30 morts.

Libération des journalistes

Les autorités soudanaises ont toujours accusé les médias d’exagérer l’ampleur de la crise. Certains journalistes ont fait les frais en se retrouvant derrière les barreaux, avec des opposants politiques et des acteurs de la société civile. Selon une estimation des défenseurs des droits humains, 16 journalistes sont arrêtés. Dans sa rencontre avec la presse ce 6 fevrier 2019, Omar El-Bechir a assuré de leur libération très prochaine.

Ces décisions sont-elles sincères? Iront-elles loin au point de s’attendre à l’amélioration du quotidien des Soudanais ?

Midohui Têko