La Chronique de Yves de Fréau
Ifodjé FC d’Atakpamé, Eperviers du Togo, destins croisés ?

Quand on veut quelque chose, il faut se donner les moyens de l’avoir… C’est ce que le club Ifodjé, a fait. Il l’a fait si bien qu’à deux journées de la fin du championnat national de football de deuxième division, zone sud, il s’est offert la clé qui lui ouvre le portail de l’élite. Le club d’Atakpamé, en 16 journées, réalise ce qui reste l’un des plus grands exploits dans l’histoire de la D2 nationale. D’abord, il compte 8 points d’avance sur son dauphin, l’Etoile Filante de Lomé, à deux journées de l’arrivée à la gare ; ensuite, aucun adversaire n’a pu regarder dans son visage. Le tout donne un parcours presque parfait, et des résultats à la mesure des ambitions de ses dirigeants avec à leur tête, un certain Michel Amétodji…

Quand on veut quelque chose, il faut se donner les moyens de l’avoir… Et c’est ce que cet expert en aéronautique et parlementaire a fait pour remettre les choses à l’endroit… Pour remettre Ifodjé FC, bien sûr, là où il était, il y a moins d’une vingtaine d’années. En ce moment donc où l’Ogou fête le retour en première division de son club chéri qui s’était distingué aussi bien sur le plan national que sous régional, en atteignant la finale de la coupe de l’Ufoa en 1985, il est également bon de remettre les choses dans un contexte assez précis. Et on peut dans un premier temps, avouer que l’honorable député a eu le bon flair pour le choix de son staff technique. Pour débuter le championnat, on murmurait le nom d’un coach camerounais, puis surprise, à cinq jours du début effectif de la compétition, débarque Koffi Komlan : «J’ai compris que l’autre ne faisait pas le poids », s’amuse t-il à chuchoter.

Quand on veut quelque chose, il faut se donner les moyens de l’avoir… Qui a bu boira, dit l’adage. Et c’est comparable à l’aphorisme qui enseigne qu’il n’y a jamais deux sans trois… Le président d’Ifodjé FC, s’en est inspiré, et ne s’est assurément pas leurré. Puisque l’histoire lui donne raison. Cette même histoire qui retient désormais que l’entraineur auteur de ce bon coup, s’appelle…Koffi Komlan. Et c’est la troisième fois en quatre années que ce monsieur fait monter dans l’élite un club de deuxième division. Koroki FC de Tchamba en 2015, Espoir FC de Tsévié deux années plus tard, et Ifodjé FC cette fois. On peut désormais reconnaitre à ce technicien, le mérite de spécialiste en la matière, et ceci doit être assez clair, autant pour ceux qui l’aiment, que pour ceux qui le détestent. N’est-ce pas plus facile tout autre exercice que celui de reconnaitre au lièvre son mérite d’animal le plus rapide de la jungle ?

Quand on veut quelque chose, il faut se donner les moyens de l’avoir… Le moment est enfin venu pour ceux qui aiment Ifodjé FC d’Atakpamé, de savourer et de pleurer de joie. Surtout, de se souvenir que ce club est enfin sorti de la traversée du désert qu’il a longé depuis, et que c’est un fils de cette localité du nom de Michel Ametodji, qui l’a remis sous la lumière du soleil. Tout ceci avec force et sérénité ! Longtemps, l’on se souviendra de la réponse qu’il donna à un confrère quand il a été question des accusations dont il a été objet dans une affaire d’œuf et de canari noir rempli de gris-gris retrouvés dans les vestiaire d’un club (Asfosa de Lomé) en visite au stade municipal d’Atakpamé : « le chien aboie, la caravane passe… ». Parole d’Ametodji, dont le club était pointé du doigt par les médias.

Quand on veut quelque chose, il faut se donner les moyens de l’avoir… Et pour ceux qui l’ont accusé de corruption durant toute la saison, le parlementaire togolais, fils de l’Ogou, a également sa réponse : « Ce sont des racontars… Il a été décidé que, pour ce match (décisif pour la montée), c’est un arbitre international qui devait officier. C’est d’ailleurs ce qui a été fait, et l’arbitre international (Amedomé Vincentia) est venu, et on a gagné par 2 buts à 0, avec un premier but inscrit sur penalty encore. Si l’arbitre international officie et qu’il y a penalty, il ne doit pas le siffler ? En plus, quand la faute est flagrante, il ne doit pas le siffler parce qu’il est international ? Tout compte fait, nous avons gagné par 2-0, ce qui veut dire qu’Ifodjé FC joue, et que ce n’est pas ce que vos collègues racontent un peu partout. Sémassi FC est venu en amical ici tout récemment et l’on a gagné par 2-0. Sémassi est un club de l’élite pourtant… je crois que vous-même, vous avez fait le constat qu’Ifodjé FC joue très bien. Je précise encore que cette saison, nous avons corrigé nos faiblesses et nos imperfections. C’est ce qui nous a propulsés en première division. Rien que ça ».

Quand on veut quelque chose, il faut se donner les moyens de l’avoir… Et la seule chose que l’on peut retenir, est le classement général de ce championnat de D2 zone sud qui donne Ifodjé FC premier avec 37 points devant un dauphin qui en possède 29. Deux journées restent à disputer, ce que l’honorable député traduit pas une conclusion assez logique : « Si même on perd les deux rencontres qui restent à disputer et que lui, le dauphin gagne, il ne pourra pas nous dépasser ». Fin du film. Et début d’un autre…
Quand on veut quelque chose, il faut se donner les moyens de l’avoir… Claude Le Roy, le sélectionneur du Togo, n’a rien fait pour permettre aux Eperviers de s’offrir sans périr, le billet qualificatif pour la phase finale de la CAN 2019. D’abord, et à travers ses méthodes, il se sépare de certaines pièces importantes de son moteur (Serge Gakpé, Romao Alaixis, Serge Akakpo), au soir de la phase finale de celle de 2017 disputée au Gabon ; ensuite, il se permet de sélectionner des bébés (joueurs de centres de formation), pour le voyage en Algérie dans le cadre de la première journée des éliminatoires, logiquement perdue (0-1). Si ce n’était pas le cas, qu’on nous dise quelle opposition, des novices comme Adégnon Kossi, Mawuena Franck, Nyavedji Elom, Seko Atsou Serge et autre Yenoussi Guillaume, peuvent faire aux Fennecs ? D’ailleurs, où sont-ils aujourd’hui ces mômes ?

Quand on veut quelque chose, il faut se donner les moyens de l’avoir… C’est aussi vrai que le soleil, pour le monde, se lève à l’est. C’est également vrai que si seulement le ridicule tuait, le premier sélectionneur français du Togo à trépasser, s’appellerait Claude Le Roy. Et puis quelle honte, quel culot, a-t-il encore, de rappeler Romao Alaixis en sélection togolaise à l’ultime journée, et en plus, cruciale de ces éliminatoires !!! Lui qui se fendait, il y a seulement quelques mois, de cette phrase narcissique : « Si Alaixis ne m’appelle pas pour qu’on parle, il peut oublier la sélection nationale de son…pays »… Dommage qu’il ait compris tardivement que Romao Alaixis porte le jaune des Eperviers 10 bonnes années avant qu’il n’y soit sélectionneur. Et que, tout gentilhomme qu’il est, et en plus, conscient de son talent, ne peut jamais marchander sa place en sélection comme d’autres arrivistes le font.

Quand on veut quelque chose, il faut se donner les moyens de l’avoir… Et ce n’est pas en rappelant le capitaine du club de ligue 1 de France, Reims, que Claude Le Roy va se tirer d’affaires… Ce n’est pas non plus en convoquant des joueurs sans beaucoup de temps de jeu comme son ami Adébayor, inutile à Istanbul Basaksehir, son innocent « petit fils » Steve Lawson du club écossais Livingston et des malades comme Boukari Razak et Bebou Ilhas, qu’il va réaliser un miracle à Cotonou face aux Ecureuils du Bénin. Le Togo, s’il se qualifie le 22 mars pour la phase finale de la CAN prochaine, le mérite reviendrait à « mère chance ». Et non à un sélectionneur des temps antiques qui n’a rien fait pour en arriver là. Tout simplement parce que quand on veut vraiment une chose, il faut se donner les moyens de l’avoir…