La dame Henriette ou l’histoire de la boite de Pandore 

 

La finale du championnat de football de deuxième division, prévue pour se disputer ce samedi, semble avoir un peu de plomb dans l’aile. Pour raison qu’à Koussountou, fief d’Agouwa FC, on ne veut aucunement abdiquer. Ainsi, c’est sous fond de demande ou requêtes transmises par-ci, par-là… que les responsables de ce club, ont repris la marche vers ce qu’ils appellent leur « droit » après le verdict final de la Commission de Recours…recomposée dirigée par Mme Toguina-Anade Henriette. De la double requête par devant la Chambre d’Instruction de la Commission d’Ethique contre le Colonel Kossi Guy Akpovy, et contre la présidente de la Commission de Recours de la FTF…recomposée, à une demande d’annulation de la finale de la D2 nationale adressée au président de la Commission d’Organisation des Compétitions, de Qualification et d’Homologation et au Secrétariat général de la FTF, le club de Koussountou joue presque tout seul, la séance des tirs au but… Sans son adversaire Unisport de Sokodé, et visiblement, sans les officiels. Une situation suscitée au final par l’attitude d’une dame, qui, tout comme Pandore, des siècles et des siècles avant elle, vient d’écrire son histoire…

 

Un petit rappel : bien avant les deux derniers siècles, il y avait la Grèce et ses fables, traditionnellement appelées mythologie. Laquelle enseigna au monde contemporain, l’histoire de la boîte de Pandore. Une histoire animée par Dieu Prométhée qui vola le feu des Dieux pour le remettre aux hommes. Dans sa colère, et pour se venger de Prométhée, Dieu Zeus, ordonna à l’autre Dieu nommé Vulcain, de créer une femme faite de terre et d’eau. Une femme incroyable et d’une beauté…divine, qui reçut de tous les Dieux de nombreux dons : beauté, flatterie, amabilité, adresse, grâce, intelligence, mais aussi l’art de la tromperie et de la séduction, bref, une créature irrésistible, que les Dieux nommèrent Henriette, pardon, Pandore. Ce qui en grec signifie « femme dotée de tous les dons ». Pandore fut envoyée chez Prométhée dans le cadre du processus de vengeance déclenchée contre ce dernier par les Dieux, pour leur avoir dérobé le feu. Mais son frère, Epiméthée, séduit par Pandore, tomba sous son charme et accepta l’épouser.

 

Le jour de leur mariage, on remit à Pandore une boite qui lui était interdite d’ouvrir parce qu’elle contenait tous les maux de l’humanité.

Par curiosité elle ne respecta pas cette consigne et tous les maux s’évadèrent de la boite pour se répandre sur la Terre. Seule l’espérance resta au fond du récipient, ne permettant donc même pas aux hommes de supporter les malheurs qui s’abattaient sur eux… La boite ainsi ouverte par Pandore, c’est le symbole de la catastrophe humaine en tout instant et en toute chose. Ainsi parle la mythologie grecque. Et tout comme la première femme, Eve, pointée du doigt comme étant la source du malheur de l’humanité, c’est une femme d’une beauté sans pareille du nom de Pandore, qui a ouvert la boite suicidaire pour l’univers. Dans un contexte récent et sportivement propre au Togo, c’est curieusement d’une femme (encore une femme !) que semble venir le malheur du club Agouwa de Koussountou. Son nom, Toguina-Anade Henriette. Et face à elle actuellement, et en tant que membre de la Commission de Recours de la FTF, une requête par devant la Chambre d’Instruction de la Commission d’Ethique.

 

La femme peut être donc changeante hein !

 

Et c’est justement la raison de la requête d’Agouwa FC, pour d’abord ressortir que « la décision de la Commission de Recours en date du 12 avril 2019 dont les membres ont été élus par le congrès et qui a délibéré librement et en toute indépendance, reste valable jusqu’à décision à intervenir si le TAS venait à être saisi » ; et ensuite « rappeler » que Mme Toguina-Anade Henriette a été élue membre de ladite Commission de Recours le 20 août 2016 à Notsé et qu’elle a effectivement pris part à la décision du 12 avril 2019… Jusque-là, rien de grave ! Sauf que, de l’avis du club de Koussountou, mieux, la décence dit que, en signant la nouvelle décision, celle en date du 24 mai dernier en tant que Présidente de la Commission de Recours…recomposée, l’autre fille de Dieu prénommée Henriette, « se rend coupable d’usurpation de compétence, de faux et usage de faux et d’imposture ». Etant donné que la même Commission, ayant déjà délibéré sur la même affaire, il est « ahurissant » qu’elle, Mme Toguina-Anade Henriette, en prenne une autre décision dans une posture différente.

 

Eééh, la femme !!!

 

C’est comme ça que pesta mon oncle, un soir lorsqu’il surprit sa femme qui, gaiement s’adonnait au menuisier du village…Une autre histoire, celle-là… Ici, c’est à la présidente de la Commission de Recours recomposée, que le club Agouwa rappelle dans sa requête qu’elle ne peut dire qu’au moment où elle prenait la première décision, elle ignorait les articles 64 et 26-e des statuts. Ainsi s’illustre l’un des distingués magistrats de chez nous. Fossoyeur de notre football, vous dites ? Ils sont nombreux, pourrais-je vous répondre. Véritables gangrènes de notre société, ils sont rentrés dans un cadre très sensible de la jeunesse sportive de la République. Un cadre qui ne leur appartenait guère mais qu’ils ont envahi pendant les vacances de l’an 2016…puis, tout est gâté. Comment donc comprendre qu’on puisse accepter de siéger dans une même commission, d’abord, en tant que membre, ensuite, en tant que présidente et prendre deux décisions différentes face au même dossier ? Vous me direz que c’est une œuvre de femme !

 

La femme !

 

La femme dont l’artiste disait, « un temps, elle était à mes pieds, la minute d’après, la voilà rebelle ! ». Et moi, le poète, je me donnerai juste le droit de me souvenir de cette injonction plus ou moins paradoxale de la romancière norvégienne Sigrid Undset, grand auteur de sagas nordiques moyenâgeuses, Prix Nobel de littérature 1928, qui affirmait qu’elle ne voulait que de fils, car, selon elle, « souhaiter à son enfant un destin de fille n’était pas lui vouloir du bien ». Les femmes peuvent vraiment être changeantes, et comme on peut le lire dans la requête adressée par devant la Chambre d’Instruction de la Commission d’Ethique contre la dame Toguina-Anade Henriette, celle-ci sait pertinemment qu’en acceptant d’être nommée par le président de la FTF, elle bafoue les principes de l’indépendance d’un organe juridictionnel et qu’elle se rend complice à violer les statuts, le Code Disciplinaire et le Code d’Ethique de la FTF. Tout ça pour se frayer le chemin de disputer une finale de D2 telle que l’entend la FTF. Les règles sont assez claires pour tous à présent : ce que le Comex veut, les commissions permanentes doivent le vouloir. Rien à voir avec les Ivoiriens qui savent eux depuis belle lurette que ce que la femme veut, Dieu veut et ce que Dieu veut, la femme s’en fiche. La preuve, avec cette boite interdite crânement ouverte par Pandore, et qui a changé l’histoire de l’humanité. De son côté, il a suffi du regrettable comportement de la chère Henriette, pour que la FTF donne l’impression d’avoir (ENFIN !) trouvé le moyen de fermer la porte de sa longue et infinie saison 2018-2019. Infinie, oui, d’autant plus que dans tout ce qu’il s’est passé et se passe, nous avons la certitude qu’au pays du Colonel Akpovy, tout est éphémère. Rien n’est jamais fini…