La mémoire courte togolaise contre la vision béninoise

Le 02 juillet 1972, le Togo perdait son plus grand sportif du nom d’Edmond Apéti Kaolo. Il revenait 5 mois plus tôt de la CAN organisée par le Cameroun, puis trépassait à la suite d’un accident de circulation. Le peuple tout entier l’avait pleuré. Le mardi 2 juillet dernier, aucune des autorités sportives du pays, ne s’est souvenue de ce garçon qui dans l’histoire de toutes les CAN auxquelles le Togo a pris part, reste le meilleur buteur avec ses 4 réalisations. Et ça, c’est l’histoire de la CAN Cameroun 1972 qui l’avait consacré en tant que dauphin de Salif Keita, auteur lui, de 5 buts…
Ainsi donc, ce qui devrait être une journée de prières et d’hommages pour ce phénomène de joueur, ce qui devrait être un événement national, est encore cette année passé inaperçu.

Le 03 juillet dernier, une autre ancienne Etoile du football togolais, a passé l’arme à gauche. Son nom, Karimou Djibrill, incroyable attaquant également de l’Etoile Filante de Lomé dans les années 1950, et qui eut l’honneur de porter les couleurs du club français de première ligue, Monaco. Djibrill fut non seulement le premier footballeur professionnel togolais, à évoluer au-delà de la Méditerranné, mais il était resté également le seul à remporter le championnat de France en 1961 et 1963 et gagné la coupe de France cette année 1963. Le seul Togolais à avoir donc réalisé le doublé dans l’Hexagone. Jeudi 4 juillet dernier, l’ancienne star togolaise de Monaco, a été enterrée dans l’anonymat. Loin du bruit des foules, que dans sa jeunesse, il avait tellement suscité. Il méritait mieux…

Toutes ces négligences et ingratitudes, on peut le dire, ne fait rien. Non, ça ne fait rien parce que chez nous au Togo, on est habitué à ce genre de mépris vis-à-vis de ceux qui avaient servi la patrie et fait éclater très loin son nom. Pourtant, c’est…fièrement et totalement qu’on refuse cette reconnaissance aux rares héros que compte notre pays. Ainsi, on s’enfonce…fièrement dans tous les secteurs de notre société. C’est fièrement également qu’on se laisse dépasser en football par nos voisins de l’est. Sacrés Béninois qui tout doucement font leur révolution sur le continent et qui enchainent également des prouesses. Devant nos voisins de l’est, ni le fier Ghana, ni le redoutable Cameroun, encore moins, le suffisant Maroc n’a pu sourire. C’est comme cela qu’ils ont envoyé le Cameroun au purgatoire nigérian tout en s’occupant personnellement du Maroc.

Ce Maroc ! Ce Maroc d’Hervé Renard qui passe à la trappe ! Quel plaisir, les Ecureuils nous ont faits à nous leurs voisins de l’ouest ! On les disait, capables de réaliser des miracles, oui, mais, battre Hervé Renard en 8e de finale, personne n’a vu ça venir. On les savait capables d’ouvrir le score devant le royaume chérifien, mais l’empêcher de marquer un pénalty, à lui, accordé à 45 secondes de la fin de cette rencontre, même les grands devins de la planète, ne l’avaient pas prévu. Du coup, une légende est née. Elle parlera demain ou après demain, d’énorme surprise au début d’un certain 8e de finale de la CAN. Elle écrira que le Maroc grand favori de la compétition, a été éliminé par le Bénin et que ça a été vraiment triste pour les joueurs marocains le sélectionneur français du Maroc, Hervé Renard et tout le peuple marocain.

Et pour nous, témoins de cette actualité, nous laissons pour la postérité ceci : le pays de Patrice Talon ne peut pas mieux terminer cette CAN 2019. Qu’il en vienne jusqu’à monter sur une nouvelle marche prochainement, ce serait le comble. Ce serait, à n’en plus dire, le mérite d’un chef d’Etat visionneur, du moins, pour le football de son pays. Quand on recrute un sélectionneur de choix pour son équipe nationale, sans exagérer dans son paiement, quand on demande aux sociétés de sponsoriser les équipes de l’élite, de D2 et de D3 du pays qu’on dirige, quand les compétitions (championnats ou coupes) sont subventionnées et quand on installe de belles pelouses sur toute l’étendue de son territoire ; pour pouvoir permettre aux footballeurs de mieux taper dans le ballon ; et quand à N’Dali, une ville située loin de la capitale, on installe un Centre d’Excellence du football pour inciter des jeunes talents à renforcer leurs compétences ; on fait forcément passer à la trappe le Maroc. Même si ce royaume est coaché par le meilleur technicien du continent.