La moisson cette saison 2018-2019, à la FTF, est maigre. Ça ressemble à l’histoire de ce chasseur maladroit et non malchanceux, qui s’évertue à tirer là où il ne fallait pas. Chaque soir évidemment, il rentre bredouille à la maison et s’en prend à sa femme, à ses enfants, pire, à tous ceux qui croisent son chemin. Les pauvres ! Qu’ont-ils à voir dans la maladresse chronique du…célèbre maladroit ? 

Magistrat

Elimination par le Bénin de la CAN 2019, championnats presque sans subvention, parsemés de corruption, de mauvais arbitrages aussi bien sur le terrain que dans les bureaux, clubs pré choisis pour avoir les butins de fin de saison, commissions permanentes intéressées par des dessous de table, licences antidatées utilisées abusivement en cours de saison, membres de fédération marchant aux pas, sous l’ordre d’un sélectionneur gueulard et incapable d’assoir une vraie sélection en trois ans, guerre suscitée contre l’Union syndicale des magistrats du Togo à travers une décision « illégale », le tout couronné par une saison sans queue, l’addition est tout simplement médiocre. Et pour reprendre les mots d’une des filles qui ont récemment représenté le Togo au Tournoi de la CEDEAO en Côte d’Ivoire, « c’est maigre comme les 50.000F qu’ils nous ont donnés après la dizaine de jours passée à Abidjan pour disputer trois matches »…

J’y pense… J’y pense encore. J’y pense presque tous les jours. Et plus, j’y pense, plus, j’en souffre. Et les questions que je me pose, restent sans réponses. Elles restent accrochées quelque part dans ma gorge, là, à me faire mal. Très mal. Elles laissent aussi et toujours comme un terrible goût de regret et de honte pour nous autres qui n’avions pas vite compris la complexité du combat que livrait le fils du…timonier national à la tête du football togolais lorsqu’il était aux affaires. Un jour en conférence de presse, il disait qu’on ne se rend compte de la valeur d’une chose que lorsqu’on l’a perdue. Pauvre de fils d’Eyadéma ! L’incompris…

Guy, Pdt FTF

Aujourd’hui j’y pense. J’y pense encore et la première question qui me vient à l’esprit est celle-ci : qu’avons-nous fait de l’héritage laissé par Rock Gnassingbé au terme de ses deux premiers mandats à la tête de la FTF ? Entre 1998 et 2006. Trois phases finales de CAN, une phase finale de coupe du monde et plus encore…une subvention de la FIFA de plus d’un milliard de francs CFA, fruit de cette participation au mondial. Colossale somme qui devrait servir à rendre moins dépendante, plus souveraine et plus forte encore la FTF. Je pense à tout ça et j’en ai comme des kilos de nostalgie et de regrets à chaque fois que j’y pense… L’autopsie rend triste. Elle fait mal. Elle fait pleurer. Elle donne de sérieux vertiges.

Après, je pense à tous ces grands hommes qui étaient autour du fils du père, et j’en ai comme des frissons qui me parcourent, qui m’habitent et qui me fredonnent le refrain de la chanson « Nostalgie » de notre compatriote Donas Elo : « J’ai la nostalgie. Aujourd’hui, j’ai la nostalgie…owowowowo, la nostalgie, oui j’ai la nostalgie ». J’ai la nostalgie des éliminatoires de la CAN 2000.

Éperviers

J’ai la nostalgie de celles de 2002. J’ai la nostalgie des éliminatoires communes CAN/Coupe du monde 2006. J’ai la nostalgie de ces hommes capables et fiers de travailler pour le football de leur pays. Mais que sont-ils devenus ? Où sont-ils ? Que font-ils ? Où vivent-ils ? Sans doute perdus dans l’histoire. Dans leur propre histoire. Celle qu’ils ont écrite avec panache, volonté, brillance et amour. Messieurs, permettez qu’on vous dise merci pour le travail ! Vous êtes des héros. De valeureux hommes à ne jamais oublier par la patrie mère.
Rock Gnassingbé, Winnie Dogbatsé, Théodore Amégnran (même si loin de nous), Espoir Assogbavi, Ségnamé Lawson, Tino Adjété, Pania Gagnon, Gerson Dobou, Zéphyrin Kinenon, Kossivi Reinhardt… Ok recevez sur ce papier blanc et innocent, notre infinie gratitude. Avec vous, jamais, les Eperviers ne tomberaient en éliminatoires de la CAN, logés dans une poule constituée du Bénin, de la Gambie et que sais-je encore ?

Avec vous, jamais on ne vivrait des fins de championnat aussi compliquées, aussi fragiles et incertaines. En votre temps, on ne connaissait pas les champions en début d’exercice. On a juste connu le goût de la coupe du monde. Et puis -ça, j’en suis à 200% convaincu- aucun sélectionneur, puisse-t-il s’appeler Claude Le Roy, ne pouvait vous dicter ses lois, ni vous prendre de haut avec ses si vieilles méthodes et armé de si piteux résultats. Avec vous, messieurs, le football togolais a réalisé tant de miracles qu’en voyant ce qu’il se passe avec le Comex de l’autre Colonel, on ne peut avoir que la nostalgie des années lumière de notre football. Les années lumière de Rock Gnassingbé….
Il est temps de le dire. On a connu au Togo un vrai soleil. Et ce soleil depuis plus de quatre années, a disparu totalement de notre monde de foot. Tout est sombre à présent. Aussi bien nos pensées que nos actions, et les fins de nos championnats nationaux de football, ne sont plus les mêmes. Un premier temps, on parlait d’un score arrangé entre deux formations (11-0) resté impuni, un autre, on se rend compte que trois équipes attendent impatiemment de disputer une…finale de D2. Et comme si ça ne suffisait pas, on nous offre la scène de révocation de membres d’une commission de Recours. Une sorte de bonus impensable. Tout est sens-dessus sens-dessous. Et plus rien ne se fait comme avant, parce que là-bas à Kégué, les magnats ont décidé de faire taire les textes et parler leur propre langage. Il ne reste que la nostalgie du passé. Celle bien sûre des années lumière…

Comme le chante si bien l’artiste hispanique José de la Cueva, « le temps qui passe, jamais n’efface les souvenirs des beaux jours passés… » Et les actes de violence et de corruption qui ont émaillé les trois dernières saisons de foot au Togo, et la façon dont ils ont été traités, ne pouvaient jamais être envisageables à une certaine époque. Epoque devenue carrément nostalgique pour ceux qui maitrisent l’histoire récente de notre football. Ô Nostalgie, quand tu nous tiens…