La Chronique de Yves de Fréau: L’Or et le Rien

Il y a bien longtemps, sans doute même jamais, que la course au sacre continental n’était apparue aussi ouverte, passionnante et surprenante, tant les prétendants ont été nombreux. Même le Bénin, l’Afrique du Sud et Madagascar, en ont fait trembler plus d’un, et en ont même chassés. Notamment le Maroc, toujours si fier, l’Egypte supposée conquérante chez elle, et la RDC, imprévisible, tous sont sortis au même moment. Aux huitièmes de finale donc. Une étape qui, justement, n’existait pas lorsque le Gabon organisait cette compétition la dernière fois. Précisément en janvier-février 2017…deux ans et 5 mois plus tôt. Mais que de bouleversements, cette fois !

Président malgache

Même les tout nouveaux venus, Mauritanie et Madagascar, ont eu leur mot à dire. La première, lors du premier tour de cette CAN, n’a jamais abdiqué. Elle a cru jusqu’au bout en sa nouvelle étoile, se collant à la vérité qui dit qu’avant de toucher la victoire il faut l’imaginer dans ses moindres détails. Les Mourabitounes sont donc restés des rêveurs jusqu’à leur sortie, tant leur approche du football « tout est possible », se voulait semblable à une citation d’un certain Nelson Mandela « un gagnant est un rêveur qui n’abandonne jamais ». Un sentiment de puissance et de survoltage qui, sans pour autant les qualifier pour les 8e de finale, leur a donné des forces et suscité un supplément d’estime sur le continent dès leur première participation à cette fête des grands. Le constat est finalement que les éliminés du premier tour valent autant de l’or que les 4 formations qui restent en course.

C’est peut-être là, la raison de tant de surprises dans une compétition qui a fini par remettre les choses à l’endroit après les quarts de finale. Le vent des surprises, a beau souffler sur cette terre bénie de l’Egypte, le dernier carré  n’a fait de place qu’aux meilleurs bien connus déjà : trois récents mondialistes, le Sénégal, la Tunisie et le Nigéria, et un ancien vainqueur : l’Algérie. Du coup, ce qu’on peut dire, est que l’Afrique garde certains principes. Et que l’heure n’est qu’à une révolution tiède.

D’un autre côté, et en retenant à l’issue du second tour, que l’Egypte pour une fois, n’a pas honoré son engagement d’aller au bout de « sa » CAN ; en retenant aussi que Madagascar, pour sa première, a fait plus que ce qu’il lui avait été demandé, tout comme le Bénin en compagnie duquel il a soufflé sur la compétition un joli vent de fraicheur, d’insouciance et d’innocence, on peut conclure que jamais sur le continent, le jeu n’était apparu aussi ouvert, passionnant et surprenant. Là-bas, sur la terre lointaine malgache, cette ile immense mais perdue, située au large de la côte sud-est de l’Afrique, on vient d’apprendre  tellement de choses aux autres africains. Tout autant qu’à ces  rares chefs d’Etats africains qui n’ont toujours pas compris ce que le football peut donner… Un détonateur de développement et un noble patois politique.

Souvent, dans une compétition telle que la CAN, tout se fait comme guidé par une magie. Le peuple malgache, tout comme le peuple béninois, l’ont compris. Leurs présidents respectifs aussi ! Alors, on dit, salut messieurs les guides Patrice Talon et Andry Rajoelina ! Votre leçon est bien pigée. Du moins, par nous, peuples en souffrances et dont le football est en grandes souffrances.

TOGO, FTF

Tenez, dernièrement, on nous apprend que le Togo, notre pays, n’était pas aussi pauvre qu’on nous le faisait penser ; et que les millions que le sélectionneur Claude Le Roy gagne, est l’équivalent de ce qui pourrait être destiné mensuellement à 4984 femmes indigentes. On a alors cherché à savoir ce que notre pays gagne en retour chez le technicien français, on n’y a croisé que du vide, du néant. Rien, quoi ! L’autre préoccupation est de savoir le rôle dévolu au technicien français ? Au plus vieux des consultants de Canal Plus, qui ne s’est jamais donné la peine de balayer sa maison, avant de chercher à balayer celle autrui. Sa particularité, étant d’encenser les autres et de se moquer du pays qui l’a enrichi en trois années. Théories et approches d’une autre époque, sont ses armes aussi bien sur « Canal Plus » que sur le terrain avec les Eperviers, classés derniers des éliminatoires de cette CAN dans leur groupe.

Sur « Canal Plus », vous l’écoutez, et vous avez l’impression que ses yeux ne voient plus rien tellement il a du mal à compter les tirs cadrés. Comment peut-il, cet amétrope, encadrer encore une sélection nationale et empocher tant de millions ? Ö, que c’est bien dommage qu’ici, au pays des Gnassingbé, les clubs sont si dociles qu’ils peuvent accepter une subvention de 5 millions de francs CFA voire 3,5 millions de ces francs pour une saison entière, au moment où un sélectionneur incapable et inutile ramasse plus de 300 millions l’an. Une véritable folie…à la togolaise.

Cette même folie qui fait que le planning de la saison 2019-2020 présenté en début de semaine par le secrétaire général de la Fédération Togolaise de Football, Pierre Lamadokou, situe l’ouverture de la saison des clubs de première division, au 15 septembre prochain, et celle des clubs de deuxième division, au 7 décembre 2019. Soit, un écart de trois mois, afin, (disons) que ce championnat se vide de ses principaux acteurs, qui choisiraient forcément le chemin de l’est où les championnats sont mieux subventionnés et les joueurs largement mieux rémunérés. Décidément, les élus du 13 février 2016 pour diriger notre football, n’ont pas fini de nous étonner. Eux, désormais capables d’instituer une trêve de près de 9 mois à des joueurs et à des clubs de football dans leur pays. Une mauvaise nouvelle, ça s’appelle. Une véritable mauvaise nouvelle pour les joueurs de D2 du Togo, cette décision prise par la FTF, et qui nous rappelle cette phrase de Jacques Chancel. Dans son journal des sept années 1993 à  1999, intitulé L’Or et le Rien, il avait bien écrit que, « c’est impitoyable, une mauvaise nouvelle. Elle vous prend par surprise, vous laisse sans force. ». C’est le sentiment actuel de tout sociétaire de club de D2 du Togo, au moment où le secrétaire général de la FTF, a craché la désespérante information. Bon vent au Nouvel Elan, dans ses turpitudes !