En dominant à satiété Sara FC de Bafilo lors de la 24e journée du championnat national de football de première division lundi dernier, Gbohloé-su FC d’Aného, donnait aux Anges FC de Notsé, le droit de disputer l’un des quarts de finale de la coupe de l’Indépendance. Tout simplement parce que les critères de participation au départ sont tablés sur des principes nettement définis : être parmi les 4 premiers du championnat d’élite à l’heure de ces quarts ou occuper l’une des deux premières places des deux zones du championnat national de deuxième division…

Supporters de Dyto

Ce ne fut finalement pas le cas malheureusement, et la Fédération Togolaise de Football, qui a eu la mauvaise idée de faire le tirage au sort avec des noms de club et non les quatre places concernées, tout en programmant une journée de championnat avant l’entame de cette coupe, a dû piétiner les règles préétablies, en invitant le club de Bafilo au festin des 4 meilleurs de la D2, et des 4 meilleurs de l’heure, en D1. Pour ceux qui n’ont toujours pas compris la démarche de cette chronique, elle vient juste rappeler aux décideurs que Sara FC occupe le 5e rang du championnat d’élite, et donc, n’a aucune raison de disputer la coupe de l’Indépendance… C’est dans cette injustice criarde, qu’il poursuit son arbitraire aventure dans cette compétition, au détriment de son cousin Unisport qu’il vient de renverser 1-0 en quart de finale.

Il est donc à noter qu’au lieu de 5 clubs de la zone sud et 3 de la zone nord, pour aller à l’assaut de ce trophée, on a plutôt enregistré une vilaine parité sud/nord, qui a d’ailleurs donné naissance à une énième invention de la part de la FTF. Et là, il est question de faire en sorte que, des deux finalistes de cette compétition, on puisse obligatoirement disposer d’un représentant du nord et d’un autre du sud… Encore une mauvaise idée de l’instance dirigeante du football national. Une création anti sportive que monsieur le directeur des compétitions de la FTF, du nom de Dobou Pafio, a eu aussi la…mauvaise idée d’expliquer par le manque de moyens. Manque de moyens, mon cul ! C’est à se demander, combien ils ont donné aux clubs pour disputer tout un championnat, et quel genre de langage, ils avaient utilisé pour les en convaincre ?

Si seulement pour une fois, là-bas, à Kégué, ils peuvent se passer de toutes ces susceptibilités ! De ces genres de sorties qui énervent et font tellement mal au football togolais. Cette histoire de nord et de sud tant nuisibles aux grands clubs du pays. Aux clubs légendaires, à l’instar de l’Asfosa, l’Entente II, l’Etoile Filante, Agaza FC, qui ont le malheur d’être nés à Lomé, et qui sont jetés au « purgatoire » par la faute de certaines règles. Des règles qui n’ont absolument rien à voir avec l’éthique sportive, mais qui sont d’ordre géopolitique, d’ordre géographique ou même politique. Puisqu’elles ne font place qu’à deux clubs pour la montée, chaque saison, de la deuxième à la première division. Soit, OBLIGATOIREMENT, le leader de la zone sud et son homologue de la zone nord. Une très mauvaise idée, en somme, et qui a juste le mérite de « tuer » les meilleurs clubs du Togo. Lesquels justement, sont pour la plupart, du sud. La preuve, la finale de la D2 la saison dernière, disputée entre le champion du nord, Sara FC et celui du sud, Gbohloé-su FC…
Ceux qui ont suivi cette rencontre ce dimanche 13 mai 2018, peuvent aujourd’hui témoigner de la grande différence et du grand écart de niveau, entre ces deux supposés meilleurs de la deuxième division. Malgré le score étriqué (1-0), il n’y avait pas photo entre le représentant du nord et celui du sud, et on en avait même entendu poser la question-ci : dans quel championnat joue Sara FC pour s’avérer aussi faible devant son challenger du sud ?

Naturellement, ce fut Gbohloé-su FC qui l’avait emporté, tout comme la saison précédente où Espoir FC de Tsévié du sud, eut à triompher de l’ASCK du…nord sur un score sans bavures de 2 buts à 0. Tout ça se passait seulement hier… Et aujourd’hui, alors que le club de Tsévié venait à peine de terminer de se battre pour éviter la descente en…troisième division, celui d’Aného, est en pleine bataille pour ne pas retrouver le « purgatoire » conçu (peut-être involontairement) pour les grands clubs du sud. Ces anomalies sont si flagrantes que les deux meilleurs clubs de la deuxième division de la zone sud, Ifodjé FC d’Atakpamé et l’Etoile Filante de Lomé, viennent de faire décamper assez aisément de la coupe de l’Indépendance, deux des clubs les mieux classés du championnat d’élite : Maranatha FC de Fiokpo, 2e, et Dyto FC de Lomé, 3e ; lesquels ont respectivement succombé sous deux coups de butoir (2-0) de ces deux supposées formations de 2e division de la zone…sud.

Ceci explique assez clairement tout le mal que l’organisation du championnat national de football de deuxième division, fait aux représentants du sud. Et ceux qui ont suivi les rencontres entre Maranatha FC et Ifodjé FC, d’une part, et de l’autre, entre Dyto FC et Etoile Filante, seraient loin d’exagérer quand ils diront que les meilleurs, ne sont pas à leurs véritables places au pays d’Edmond Apéti. Surtout, Dyto FC, club de l’élite, qui a eu lors de son quart de finale face au Shooting Star, sa bonne dose de leçons. Autant sur le terrain que dans les tribunes, dirigeants, staff technique, joueurs et supporters du club militaire, ont appris.

Tenez !, alors que sur l’aire de jeu, le club militaire se laissait réciter le cours du « jogo bonito », le bon jeu, comme ça se dit au Brésil, conclu par un chef-d’œuvre de coup franc griffé Jean-Luc Perlas, dans les tribunes on a vu tout le long du match, chanter et danser un groupe assez curieux de gendarmes habillés aux couleurs de l’Etoile Filante pour supporter les…Rouges de Dyto FC. Ce qui a paru drôle, c’est quand les joueurs de l’Etoile Filante, parce que, ayant confondus ces vaillants supporters tellement élégants dans leur bleu de chauffe, eurent la bonne idée de se diriger vers eux pour les remercier de leur grand soutien ! Une sacrée mauvaise expérience pour ces supporters de Dyto FC qui devront désormais piger qu’on ne porte pas le bleu pour aller chanter et danser pour une équipe entièrement habillée en rouge. Décidément, ça a été de leur part, une très mauvaise idée. Une autre parmi tant d’autres…