Tous au siège de la FTF sont coupables dans l’affaire Agouwa-Unisport 

A les voir, à les entendre parler et agir, on dirait de petits collégiens se bagarrant pour des notes de devoir de classe. Mais ici, on parle d’autorités sportives, de commissions indépendantes d’Homologation, de Discipline, de Recours d’une fédération… Tous finalement, sont pris à leur propre piège : celui de l’entêtement. Aujourd’hui, et devant leur miroir, ils auront sûrement du mal à se regarder. Président de fédération, membres du Comex, distingués messieurs et dames de la Commission d’Organisation, Secrétaire général, ils s’en voudront de n’avoir pas écouté la presse et cette petite voix qui leur disaient « Faites attention à ne pas précipiter les rencontres de la dernière journée du championnat national de football de D2 Zone sud, sans avoir réglé les litiges en suspens ! ».

De plus, pour leur faire entendre raison, la plume du poète, dans une Chronique titrée « Affaire Agouwa FC – Unisport, ça sent mauvais » publiée le 1er mars 2019, veille de la 14e et dernière journée, s’interrogeait en ces termes : « Pourquoi ne pas chercher à voir plus clair dans cette affaire avant de programmer cette dernière journée ? Rien ne presse pourtant. Surtout que ça sent mauvais, et que du côté de la Zone sud, deux journées resteraient à disputer ».

Après cette mise en garde, il restait aux décideurs, de voir le danger que cela représente d’assoir ces dernières rencontres sur le socle des litiges, et sûrement, on n’en serait pas là aujourd’hui à remuer ciel et terre pour baliser le chemin à une simple finale de championnat de deuxième division. Ça fait plus de deux mois qu’on connait pourtant l’adversaire, qui n’est autre qu’Ifodjé FC d’Atakpamé. Lequel attend, attend et attend encore d’en finir avec cette saison, et commencer à penser à celle qui vient…

Et au lieu d’une programmation de cette finale, on nous sert un long métrage dans les locaux de la fédération, avec pour nom « Affaire Agouwa-Unisport ». On avait pourtant prévenu les acteurs de cette longue série avant le passage du générique : « Faites attention à ne pas précipiter les rencontres de la dernière journée du championnat de football de D2 Zone sud, sans avoir réglé les litiges en suspens ! ». Malheureusement, comme à leur habitude, prétentieusement forts de leurs grandes connaissances des réalités du football togolais et imbus de la puissance de l’autorité qu’ils croyaient avoir sur le monde du football national et sur toute la presse, ils en ont fait à leur tête.

L’heure, à présent, a sonné pour la récolte des turpitudes délibérément ensemencées, et pour toutes ces graines d’injustice et de corruption laissées ça et là dans le jardin du football national. Et comme l’a écrit sur la toile, un coach togolais officiant actuellement dans le championnat béninois, « Ils sont tous coupables ». Inutile de vous préciser que ces acteurs épinglés, sont le président de la FTF, l’ensemble du Comex, le secrétariat général, l’administration, auxquels on ajoute toutes les commissions dites compétentes ou indépendantes…

Pour un petit dossier qui ne demandait qu’à être réglé rien qu’en se référant aux textes, on en est arrivés plutôt à l’éclatement de la Commission de Recours. Et comment ? Il a fallu, aux dires du Secrétaire général M. Lamadokou, que « le Comex de la FTF, prenne ses responsabilités » ! En révoquant le mercredi 15 mai dernier, 4 des 7 membres de cette Commission : le président Abodji Yacoubou Adam, le vice-président Baba Fambaré et des membres Baba-Yara Affo et Kuévidjin Ekué. Comme si ça suffisait pour tout solutionner !

Ce qui parait étrange, la même date du 15 mai 2019 coïncidait avec une correspondance adressée au président de la FTF par le premier responsable de la Commission de Recours. Correspondance qui a pour objet, « démission » dans laquelle M. Abodji Yacoubou Adam, écrit au Colonel Akpovy : « J’ai expliqué, dans ma réponse à vos observations, que rien dans les textes de la FTF, ne vous autorise à bloquer la décision de ma Commission pour faire des observations et pire, à demander que la Commission revienne sur sa décision rendue. Ensuite, j’ai rappelé qu’en droit processuel, la Commission qui rend une décision est dessaisie du dossier. Enfin j’ai précisé que dans notre cas, seul le Tribunal Arbitral du Sport à Lausanne en Suisse est compétent pour connaitre de ce dossier selon nos textes. Malgré mes explications, vous persistez à me faire reprendre le dossier dans le sens contraire à ce que la Commission a délibéré et voté. Pour ce faire, vous avez envoyé le dossier de cette affaire à ma hiérarchie ».

C’est ainsi que le cadre du dossier a changé de camp. Et la conséquence directe de ce que M. Abodji Yacoubou Adam, appelle « Acharnement du Colonel-président », ne lui permettant plus d’exercer ses fonctions en tant que président de la Commission de Recours « en toute sérénité », c’est qu’il a préféré remettre sa démission, à travers ledit courrier.

Pour nous autres, il fallait absolument chercher à mieux connaitre les limites d’une commission de recours d’une fédération ? C’est là où on apprend qu’elle se limite au-delà d’un bureau exécutif et ne peut s’arrêter qu’au TAS. Le président de la FTF étant connu comme un homme…simple et consensuel, beaucoup ont du mal à comprendre son action. Sur sa page Facebook où le confrère Steven Lavon a écrit, « Je sens qu’un front de résistance va encore s’ouvrir dans notre football », 4 commentaires y sont dressés et qui condamnent tous, le Comex de la FTF. L’un, selon Hugues Rodes, manager sportif, affirme que « le juge président de la Commission de Recours a raison sur le Comex. Sa décision est entérinée même si elle n’est pas notifiée ».

La conférence de presse précipitamment organisée dans la foulée par la FTF, pour expliquer à la presse et à l’opinion nationale les raisons des révocations des quelques membres de la Commission de Recours, n’aura rien soustrait ni ajouté de nouveau à la compréhension de cette affaire. On savait tous que la Commission de Discipline, avait au début donné raison au club Unisport, et qu’ensuite, la Commission de Recours l’a déboutée, en prenant une autre décision en faveur d’Agouwa FC. Une décision évidemment jugée « inique » par le Comex, lequel, sans en avoir les prérogatives, cassent tout et tente de reconstruire dans un cafouillage qui embrouille tout le monde… Les membres bannis sont vite remplacés. Et la réaction du public est de savoir ce qu’on ferait au cas où le rafistolage de cette Commission ne changeait pas la première décision qui a coûté leurs places aux 4 précédents !!!

C’est peut-être vrai que la décision de la Commission de Recours, comme l’a précisé en conférence de presse le Secrétaire général, M. Lamadokou, « sur toute la ligne, violait tous les textes de la FTF », des Statuts, au règlement des compétitions en passant par le code éthique, mais il serait mieux de laisser le soin au TAS, comme l’a signifié dans sa lettre, M. Abodji Yacoubou au président de la FTF. Le chemin était pourtant bien montré au Colonel-président, et selon les observateurs, il aurait mieux fait de le suivre au lieu de se presser et d’avancer vers un cul-de-sac, les yeux fermés, portant dans son sac au dos le football togolais tout entier. Le sage a toujours dit que la vie réserve à l’homme beaucoup de surprises, et il arrive que de petits déboires engendrent de grands dégâts. Qu’on remplace des membres d’une Commission par d’autres ne change rien à ce dossier. La résolution des litiges en football ne se commandent pas. C’est les textes, la sincérité, le bon sens et l’absence totale de ce vilain et traditionnel esprit de corruption qui l’ordonnent. Hors, depuis trois ans déjà, il se fait que la corruption, dans le monde du foot togolais, prend du volume de jour en jour. Et ça, personne au Togo ne peut le nier. Tous, siégeant à Kégué, sont coupables ! N’est-ce pas là dans cette banlieue nord de Lomé qu’on fabrique nos clubs champions de première ou de deuxième division depuis trois saisons ?