La feuille de route de la CEDEAO du 31 JUILLET est appreciée d’une manière ou d’une autre par les acteurs poliques et aussi et surtout par les protagonistes de la crise togolaise

SENA Alipui acteur politique intervenant à titre individuel a voulu partager son opinion et sa proposition de sortie de crise au togo. Il pense qu’une  nouvelle republique serait souhaitable pour le Togo.  Par www.africa-talents.com

MONSIEUR Sena bonjour !

Pensez-vous que les élections auront lieu à la date indiquée ? (20 décembre).

Je souhaite que les élections aient lieu au plus tard le 20 décembre comme le suggère la CEDEAO ou même plus tôt si possible.

Je dis bien comme le suggère la CEDEAO parce que le peuple Togolais est souverain, le Togo est un pays souverain avec une constitution, un gouvernement et des institutions qui fonctionnent.

La CEDEAO ne peut donc, rien venir nous imposer chez nous, ils peuvent nous aider et nous accompagner mais le peuple Togolais reste souverain et maitre de son destin.

Idéalement, les élections devraient avoir lieu dans les délais constitutionnels. Démocrate et ultra libéral, je ne suis pas très favorable à ce que l’on trouve des arrangements pour fonctionner en dehors du cadre de la loi.

Nous devons prendre l’habitude d’organiser des élections avant que le mandat des députés n’expire pour éviter ces acrobaties politiques. Nous devons également apprendre à travailler à améliorer ce que nous avons au lieu de vouloir toujours tout mettre à plat.

En tout cas le parti unir par la voix de Gilbert Bawara

Dit mettre tout en œuvre pour respecter la date indiquée. Votre réaction 

S’il s’exprime comme cadre la majorité présidentielle comme vous le dites, il est dans son rôle. S’il s’exprime comme membre du gouvernement, je pense que le ministre de l’administration territoriale est la personne la mieux indiquée pour donner la position du gouvernement concernant l’organisation des élections.

Cela étant dit, la date des élections est du ressort de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) et du gouvernement.

Il est important que l’on puisse organiser pour une fois des élections libres, transparentes et dont les résultats sont acceptés par tous et pour cela il faut participer au processus électoral de bout en bout.

Pour rappel, le ministre de l’administration territoriale n’a pas attendu la crise, ni la CEDEAO pour commencer à préparer les élections. Bien avant la crise, il a pris l’initiative de rencontrer les partis politiques pour discuter des conditions dans lesquelles nous allons organiser les élections de façon consensuelle. Nous l’avons rencontré deux fois et c’est un bourreau du travail qui maîtrise bien le sujet, et est conscient que le processus électoral au Togo doit être amélioré et les élections organisées consensuellement.

La CENI est en place depuis bientôt un an, son bureau provisoire a même été présidé par un représentant de l’opposition parlementaire. Les autres partis d’opposition, après l’assemblée buissonnière en Septembre, ont préféré faire la CENI buissonnière et veulent une rallonge de temps or, le temps ne nous attend pas…

Vous savez, on ne peut pas demander à un pouvoir qui a un doctorat en fraude électorale d’organiser les élections seul, de nous proclamer vainqueur et de nous remettre le pouvoir.

Les textes et les institutions qui permettent une organisation consensuelle des élections sont en place, il nous appartient comme opposant d’occuper nos places et de travailler de concert avec la majorité présidentielle en usant du dialogue, du bon sens et de la persuasion pour réduire graduellement les fraudes et insuffisances et à terme avoir un système digne de ce nom.

Quand la CENI nous dira qu’elle ne peut pas organiser les élections dans le délai imparti et nous en donnera les raisons, comme parti d’opposition parlementaire, nous aviserons.

 

Pour certains analystes qui voient déjà les sorties du PNP qui dit apprécier la feuille de route à 75% et le reste de C14 un peu campé sur certaines décisions Selon vous la C14 est en train de se fragiliser ou le PNP s’isole-t-il de la C14?

Le PNP commence à comprendre que l’on ne va pas à la chasse au lion avec un couteau de table.

Arrivé dans l’arène politique en héros, tel « Lucky Luke » avec son cheval et son revolver, il se rend compte que son cheval a servi à des promenades à la plage et que la C14 a tiré toutes les cartouches de son revolver en l’air.  Sans défense, Lucky Luke a dû prendre la fuite.

La politique, au-delà des apparences reste une science et quand vous mélangez de l’eau et de l’huile, ce n’est qu’une question de temps avant que l’huile ne remonte.

Le PNP n’étant pas un parti parlementaire, en attendant de savoir quel est leur poids aux urnes, ne nous attardons pas trop sur leur cas, ils apprennent ce qu’est l’opposition au Togo graduellement. Nous, nous entrons en période de campagne électorale et ma seule priorité reste la satisfaction des besoins des populations et ce que mon parti peut faire pour elles.

Tout ce que je peux dire ou leur conseiller, si le PNP ne veut pas finir à zéro après avoir été héros, c’est de préparer les élections sérieusement. Lucky Luke a toujours capturé les quatre Dalton seul.

La C14 menace le gouvernement d’un ouragan intenable si ses revendications ne sont pas satisfaites, votre réaction

La crise de légitimité ne concerne pas que le gouvernement et les institutions en place, elle concerne également certains partis d’opposition qui en 28 ans d’aventures ou mésaventures politiques n’ont pas pu faire élire même un seul député. Ils font des déclarations tapageuses et prennent des engagements qui ne se matérialisent pas.

Demandez-leur quel est leur bilan politique et quelle est leur base électorale?

Par exemple, en 2013, dans la circonscription de l’Ogou-Anié qui est un de nos fiefs à l’UFC, la coalition Arc-en-ciel (6 partis dont la CDPA) dont la tête de liste est actuellement la Présidente de la coalition C14 a obtenu 6765 voix contre 10485 pour l’UFC et 11 000 pour le CST/ANC et 43 000 voix pour UNIR. En 2010, à la présidentielle, la même candidate sur 2.1 millions de votants a obtenu 13 451 voix soit 0.7%. Quel qu’en soit l’ampleur de la fraude, il est des résultats qui ne laissent pas de doute sur le poids politique de certains partis.

Ma réaction est donc que nous voulons construire ce pays et non provoquer des ouragans, des massacres comme a fréau jardin, des grèves générales illimitées et des manifestations qui mettent l’économie de ce pays a genoux.

Le dialogue et les élections sont nos outils de travail, nous serions donc tous mieux inspirés d’apprendre à nous parler, d’apprendre à travailler ensemble plutôt que de compter sur la rue et la CEDEAO. Manifester pacifiquement est un droit constitutionnel, si d’aventure quelqu’un pense arriver au pouvoir par la rue au lieu des urnes en 2018, il/elle rêve debout et en couleurs.

 

 

 

 

 

Que faut-il faire alors pour une sortie de crise. Respecter la feuille de route et oublier le départ de Faure en 2020 ?

Cela va bientôt faire 15 ans que je prêche pour la même recette pour sortir de la crise Togolaise. Pour moi, la crise Togolaise est une crise de légitimité et la constitution de 1992 est confligène et inadaptée aux besoins du Togo moderne. Mon schéma de sortie de crise vise à mettre en place une nouvelle république ensemble et se décline en 5 points :

  • Dialogue direct entre le chef de l’État et le Chef de fil de l’opposition;
  • Dialogue entre les partis parlementaires sous la conduite de la médiatrice de la République épaulée par les Nations Unies, L’Union Africaine, la CEDEAO, L’UE et les USA;
  • Gouvernement de transition sur la base des suffrages obtenus en 2013 avec un premier ministre de l’opposition parlementaire pour gérer la période de transition;
  • Élection d’une assemblée constituante pour rédiger une nouvelle constitution, amnistie pour les crimes politiques et économiques, limitation de mandats pour toutes les institutions + compteur à zéro;
  • Référendum pour adopter la constitution, élections locales, législatives et présidentielles pour entrer dans une nouvelle république.

Comme je l’ai dit plus tôt, le Togo est un pays souverain avec un gouvernement et des institutions qui fonctionnent, même si leur légitimité est contestée et comme tel, la CEDEAO ne peut rien nous imposer. Le Togo n’est pas sous tutelle. La CEDEAO peut nous accompagner et nous aider à organiser des élections libres, démocratiques et transparentes mais les Togolais restent maitres de leur destin.

Le départ du chef de l’État n’est pas un programme politique et sa candidature aux élections est du ressort des militants de son parti. Vous ne pouvez pas arriver à un match de football et penser avoir le droit de choisir le capitaine ou les joueurs de l’équipe adverse.

Nous nous battons pour instaurer une véritable démocratie libérale et une économie de marché. Nous nous battons pour que la démocratie Togolaise repose sur des principes démocratiques.

Quand je regarde le Togo d’aujourd’hui, beaucoup de réformes ont été entreprises et réalisées avec succès. Nous parlions tout à l’heure du coton avec une croissance de 414% entre 2009 et 2018. Ce sont là les fruits de la politique d’apaisement de l’accord RPT/UFC et de la stabilité politique qu’elle a amenée.

Mon parti, l’UFC et son Président National, Gilchrist Olympio ont obtenu en 2 semaines, ce qu’il a fallu 6 mois à la C14 et la CEDEAO pour obtenir ; c’est-à-dire les deux tours aux élections et la limitation de mandats. La crise a éclaté le 19 Août 2019, et déjà le 03 Septembre, Le Président Gilchrist Olympio avait arraché un accord de principe au chef de l’État sur ces réformes.  Le 05 Septembre un avant-projet de loi s’est retrouvé au parlement, et malheureusement la passion l’a emporté sur la raison. Les députés ont déserté la salle au lieu de prendre ce qu’on leur offrait et de continuer à discuter.

Je vous disais que la politique est une science, ne confiez pas votre destin à des aventuriers dont certains sont en quête d’ascension sociale.

L’UFC est un parti qui a des racines vieilles de plus de 74 ans, nous avons plus de 40 ans d’expérience dans l’opposition à ce régime, nous avons 8 ans d’expérience gouvernementale et 10 ans d’expérience parlementaire sans compter nos ministres, préfets et autres cadres dans l’administration. Nous sommes les plus aptes à réaliser l’alternance pacifique et à gouverner ce pays. Pensez-y bien, que pourra une coalition qui a recourt à la CEDEAO et à la rue pour régler tous ses problèmes. Fera-t-elle le poids face à UNIR dans l’opposition? Et puis quel est leur bilan?

Notre bilan entre 2010 et 2018, et ce de façon sommaire est:

  • Un taux de croissance stable (+- 5%)
  • Une réduction de l’incidence de pauvreté de près de 10 points (53.7%)
  • Une reprise de la coopération avec l’ensemble des bailleurs de fonds.
  • Un climat politique apaise jusqu’en 2017.
  • Pres de 11 000 kms de routes construites, réfectionnes et/ou rendus praticables.

Dépersonnalisons le débat, améliorons les conditions dans lesquelles les élections se déroulent, menons une politique inclusive, confions le Togo à des gens sérieux et expérimentés comme nous et vous verrez que le Togo décollera.

Nous à l’UFC, nous avons un bilan et un projet de société pour ce pays et nous avons besoin de votre participation et de vos voix pour le réaliser.

Je vous invite à vous faire établir une carte nationale d’identité, vous assurer que vous êtes sur les listes électorales et à voter massivement pour l’Ablodé, pour l’Union de Forces de Changement (UFC) pour que nous ayons une majorité suffisante au parlement pour faire les réformes et vous offrir une alternance pacifique en 2020.

Je vous remercie monsieur Ali et je vous souhaite une excellente journée.

Merci a vous!

 

ACHIRAF ALI