Remettre l’amour du football togolais au goût du succès

L’annonce de la tenue du Congrès ordinaire de la Fédération Togolaise de Football le 25 janvier prochain, faite par le Secrétaire général Pierre Lamadokou, à l’attention des présidents des associations membres de cette instance nationale, signe la fin du premier et, peut-être, dernier mandat de l’Equipe Nouvel Elan du Colonel Guy Akpovy.

Que le temps passe vite. Trop vite ! C’est notre première réflexion.

Le temps passe tellement vite au point de ne jamais laisser les hommes, malgré toute leur volonté, finir ce qu’ils ont gaiement commencé eux-mêmes. Et aux dernières heures de son mandat, à la tête de la FTF, c’est vers le Colonel Akpovy que se dirigent nos pensées. Lui dont l’envie de rempiler de nouveau, est un…secret de polichinelle. D’autant plus qu’il n’a pas trop attendu avant de solliciter des membres et associations votants, un nouveau suffrage pour dit-il, « vraiment terminer ce qu’il a entamé ». On appelle ça, demander que soit remis le couvert avant le dessert… Ce que le Colonel-président expliquait déjà en septembre dernier par l’axiome « Tisser la nouvelle corde à l’ancienne ».

Ici, ce qu’il y a à retenir, est qu’au bout de ses quatre années d’entreprenariat, le chantier du président Akpovy est en suspens… Faute sans doute au temps. Le temps ! Qu’est-ce qu’il passe si vite ! Le 13 février 2016, samedi de son élection, c’est comme si c’était hier. Et le poète qui, deux jours plus tôt dans sa chronique traditionnelle titrée « La Solution pour une Reconstruction en vue d’un Nouvel Elan », fredonnait le chant de l’espérance, fait partie aujourd’hui des désabusés… Alors, comme ses millions de compatriotes qui eurent à déchanter en cours de route, les mêmes mots reviennent avec mélancolie. Lui dont la plume le 11 février 2016, ainsi s’enthousiasmait : La cloche de 09h qui sonnera le samedi 13 février 2016 annoncera comme une rédemption, quelque chose de nouveau pour le football togolais.

Le 13 février 2016, c’était seulement hier pourtant… Tellement de promesses ont été faites, et beaucoup pensaient que les choses iraient dans le sens de la rupture totale avec le passé mouvementé récent et triste de la FTF des années 2007-2015. Une précarité qu’on pensait pouvoir enterrer à jamais. Parce qu’on parlait de l’homme du pouvoir. Et donc, l’homme capable. Autrement dit, l’homme du Nouvel Elan. Les rêves d’un nouveau soleil et de nouveaux jours étaient assurés pour, du moins, quatre longues années. Puis un jour, deux jours, une semaine, puis deux, puis trois, des mois, des années sont passées. Une, deux, trois, puis une quatrième année qui, doucement se termine… Bientôt la fermeture du coffre des résultats de la FTF, et ensemble, on verra les belles choses qu’il contient. Les mauvaises aussi… Et ensemble, œil dans œil, et œil dans le coffre on avisera !

Mais d’emblée, le constat qui se fait avant toute profonde fouille, c’est le gouffre dans lequel, l’Equipe Nouvel Elan, continue de conduire l’équipe nationale fanion du Togo, chose la plus chère pour tout togolais, que ce soit, de près ou de loin. Ça, c’est déjà un premier élément dépouillant actuellement de toute fierté le sport-roi du pays de Nicolas Grunitzky. Un élément qui a rendu sale le bleu de chauffe du Colonel. De la 96e place en 2016, le Togo se retrouve aujourd’hui au 126e rang mondial, et c’est quelque chose qui reste un goulot d’étranglement bien fixé dans la gorge du Nouvel Elan. Une mauvaise gestion du patrimoine…dirait le mandataire… Une situation qui, de l’avis des supporters des Eperviers, suffit pour faire tomber Guy Akpovy. La vérité, étant que si l’autre plus célèbre Colonel, le Colonel Rock Gnassingbé, n’a pu survivre à une phase finale de coupe du monde mal négociée, ce n’est pas au deuxième d’escalader le gigantesque mur de contreperformances dressé durant tout son mandat par un Claude Le Roy finissant, inutile et quasi incapable. Incapable de qualifier le Togo à la CAN 2019, et en passe de lui faire le même mauvais coup à la prochaine avec son « 1 point sur 6 après 2 journées »…

Ce n’est donc pas difficile d’apercevoir déjà de loin le feu clignotant le rouge brusque de l’arrêt au Nouvel Elan. L’urgence voudrait nécessairement qu’au delà de ce volumineux constat d’échec, on propose des solutions. Ce qu’on semble lire sur les lignes de résurrection d’une ancienne-nouvelle Equipe Foot Ethic d’un certain Tino Adjété, aperçues depuis l’horizon : « Ces dernières années, malheureusement, le football n’a pu donner de grandes satisfactions aux Togolais. Des jours plus glorieux ont déjà été le destin de notre football ; nous le savions bien. Nous savons surtout qu’en travaillant ensemble, en mettant nos efforts et nos capacités en commun, nous sommes en mesure de remettre l’amour du football togolais au goût du succès, de l’honneur et de la fierté de tous les acteurs, dirigeants, supporters et partenaires ».
Qui dit mieux ?

 

Publié par Ali Achiraf