15 août 2020

La Chronique de Yves de Fréau: Une soirée d’hommage pour un champion nommé Tommy

Une soirée d’hommage pour un champion nommé Tommy le 28 décembre 2019

Quelque part, il est écrit que la date du 28 décembre 2019, est la sienne. Tommy Geraldo qu’il se prénomme. Fils de Charles Ignace Sylvestre et de Berthe Atelia Mangili, né à Kinshasa et dont les exploits de gardien de but ont été réalisés en faveur de son pays, le Togo. Entre 1966 et 1973, c’est lui qui portait sur ses solides épaules, aussi bien son club, Etoile Filante de Lomé qu’il a conduite en finale de la Coupe d’Afrique des champions (actuelle ligue des champions), que le Onze national du Togo (équipe nationale).

Il est donc écrit qu’une nuit, à l’Hôtel Sancta Maria, la Nation togolaise se regroupera autour d’une table pour se souvenir de ses prouesses, chanter sa gloire, et lever le verre en son nom…
Et que cette table soit bien garnie ou pas, ce ne devrait pas être ça l’essentiel. Le plus important dans cette célébration du grand champion qu’il était, c’est l’aval et la bénédiction du premier sportif du pays. On peut dire merci au chef de l’Etat Faure Gnassingbé, d’avoir autorisé cette reconnaissance officielle, en cette fin d’année, à Tommy Geraldo Sylvestre. L’homme dont le talent a fait pleurer toute la nuit du 27 octobre 1971, le Ghana. L’homme dont la parade, sortie d’une autre planète, a permis au Togo de s’offrir une première qualification pour une phase finale de CAN.

La vie, chantait l’artiste intergalactique ibérique José de la Cueva alias Julio Iglesias, « … c’est l’éternel miracle, la seule chance… ». Ses mots puisés du second couplet de sa chanson « Aimer la vie », sont tout ce qui nous inspire en ce moment. Et à l’heure où un hommage mérité est rendu à cette légende du football togolais, l’incomparable Tommy Geraldo Sylvestre, nous devons prendre sur nous, nous Togolais, comme une sorte de résolution de ne plus attendre que nos héros meurent pour ensuite parler d’hommage outre-tombe… On peut donc être heureux de voir encore parmi nous, le héros d’Accra. Le tombeur du grand Black Star.
Près de 50 ans déjà ! Oui, ça fait 48 ans qu’il a fait ça ! Près d’un demi-siècle donc que Tommy a permis au Togo, de se qualifier pour sa toute première CAN. Ce fut un exploit retentissant, ce pénalty de fin de match arrêté. Une incroyable image qui a fait le tour du monde. Parce que non seulement le Togo barrait la route au grand Ghana, déjà champion d’Afrique deux fois en 1963 et 1965, et double finaliste en 1968 et 1970…

Le Black Star là, était si redoutable et craint sur le continent qu’en refusant l’égalisation à celui qui était le meilleur joueur africain de cette année 1971, Ibrahim Sunday, le Togo empêchait pour la première fois, son voisin de l’ouest d’être de la fête continentale. Les supporters ghanéens désabusés, doivent avoir gardé dans un coin de leur mémoire encore aujourd’hui, cet amer souvenir. Au contraire de la Nation togolaise qui avait, un temps, oublié jusqu’à l’existence de Tommy. Mais les héros, ça ne s’oublie pas éternellement. Il arrive un jour où même les rois chantent leurs mérites.

Voici donc venu le jour où les efforts oubliés, les sacrifices consentis, les parades inventées, les blessures contractées d’un homme vont être récompensés ! Tommy mérite qu’on le couvre de diamant et d’or. Il mérite que de son vivant, une foule comme celle-ci, vienne l’applaudir et qu’il ressente personnellement la chaleur de cette reconnaissance. Pas devant son cercueil, comme on sait si bien le faire ici. Le ministre Horacio Freitas, tout dernièrement, n’avait-il pas écrit sur la toile que, « comme nous ne rendons hommage aux personnalités qu’après leur décès », beaucoup de personnes l’ont appelée pour lui demander si le champion est mort et quand auront lieu ses obsèques ?
La réponse de l’ancien ministre des Sports et de la Culture, a été juste ceci : « j’ai la joie de confirmer que notre champion est bien vivant et qu’il sera physiquement présent à la cérémonie en son honneur ». Le voilà donc devant vous ! Toujours sérieux, toujours humble et discipliné comme tout joueur entrainé par feu Oscar Anthony (photo). Et toujours fort et jeune comme tout disciple du regretté Gottlieb Goeller… Si cette soirée de 28 décembre 2019, n’existait pas, il fallait bien l’inventer. Aux initiateurs, une expression de gratitude s’impose au nom du champion et de ceux qui l’ont connu et aimé, que la fête réussisse ou pas. Nelson Mandela, premier président noir en Afrique du sud, avant de partir, a laissé un enseignement que doit prendre en compte le comité d’organisation de cet événement. Il disait, Madiba, « Tout échec porte en lui les germes de la réussite. Et de la même façon que la clé qui ferme une porte, est la même qui sert à l’ouvrir, derrière chaque obstacle apparent, se trouve une opportunité ».

Le poète voudrait lui, espérer qu’elle sera belle, la soirée. La première pour un artiste togolais de son vivant… Et à un peu plus de 70 ans, s’il vous plait ! N’est-ce pas vrai que la vie, c’est l’éternel miracle, la seule chance ?

 

Publié par Ali Achiraf

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