PARTI DES TRAVAILLEURS DU TOGO
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6 septembre 1902 – 6 septembre 2019: 117e anniversaire de la naissance de Sylvanus OLYMPIO

Comme nous le faisons régulièrement depuis de longues années, nous avons déposé une gerbe de fleurs sur la tombe de Sylvanus Epiphanio Elpidio Kwami OLYMPIO, au Cimetière catholique d’Agoué en République du Bénin, ce vendredi 6 septembre 2019, jour du 117e anniversaire de sa naissance, le 6 septembre 1902, et une autre gerbe sur celle de son épouse Dina Adjoa, née GRUNITZKY, qui lui est accolée. Peu après cette commémoration, une pluie diluvienne s’est déversée sur toute la région maritime, du Bénin au Togo, faisant rêver à cet avenir prometteur de paix, de bonheur et d’abondance que présagent généralement, en de telles circonstances, différentes sociétés et cultures de par le monde entier.
Par cette commémoration de sa venue dans le monde des vivants, nous avons renouvelé l’hommage que nous ne cessons de rendre à la mémoire de Sylvanus OLYMPIO pour la grandeur de l’œuvre que, par la direction de son parti, le Comité de l’Unité togolaise (CUT), il a accomplie en conduisant jusqu’à la victoire la lutte du peuple togolais pour la conquête de l’indépendance du Togo. Cette victoire dont l’impérialisme français lui a chèrement fait payer, au prix fort de sa vie, les inéluctables conséquences pour ses intérêts en fomentant ce complot pour lequel il manipula des demi-soldes démobilisées de ses guerres coloniales d’Indochine et d’Algérie pour le faire lâchement assassiner le 13 janvier 1963.

Lâchement assassiné par l’impérialisme français
pour une cause pourtant reconnue par tous aujourd’hui comme juste…

Comment ne pas rappeler une fois encore que, devant des journalistes de la presse internationale : Chauvel du journal français Le Figaro et Pendergast du magazine américain Time-Life, Etienne GNASSINGBE EYADEMA, père de l’actuel chef de l’Etat togolais Faure Essozimna, se glorifia d’avoir exécuté cet assassinat en rafalant le pauvre Sylvanus OLYMPIO de balles qu’il tira sur lui à bout portant, en pleine poitrine et au bas-ventre. Puis, après lui avoir sectionné, au couteau, les veines des poignets, il lui taillada la cuisse gauche avec la baïonnette de l’arme tout en expliquant fièrement à ses camarades : « C’est comme ça que je faisais en Algérie pour m’assurer que mes victimes étaient bien mortes ». OLYMPIO agonisa longuement ainsi au sol en se vidant de son sang sur la terre de nos aïeux, dans d’atroces souffrances.
Or, le seul tort de ce père de l’indépendance togolaise pour lequel on le fit assassiner lors de ce premier coup d’Etat sanglant de toute l’Afrique indépendante fut, à l’instar de la pratique courante dans toutes les anciennes colonies anglaises à leur accession à l’indépendance, d’avoir voulu doter le Togo d’une monnaie nationale, cause dont la justesse est reconnue par tous aujourd’hui. Organisée par la loi N° 62-20 qui, promulguée le 12 décembre 1962, porte création de la Banque Centrale du Togo en approuvant ses statuts, un mois jour pour jour avant son assassinat, la création de la monnaie nationale togolaise était appelée à conférer les attributs d’indépendance et de souveraineté économiques à l’indépendance politique nationale arrachée de haute lutte le 27 avril 1958 et proclamée le 27 avril 1960.
Mais, par l’assassinat de Sylvanus OLYMPIO et l’installation au pouvoir des membres du PTP et de l’UCPN, anciens suppôts des colons français qui combattirent les nationalistes togolais lors de la lutte pour la conquête de l’indépendance nationale, l’impérialisme français arrêta, temporairement depuis lors, ce projet.
Tout en formulant le vœu que la commémoration de cette année sur la tombe du martyr Sylvanus OLYMPIO soit la dernière en terre béninoise, nous appelons solennellement le peuple togolais à prendre en main son destin en s’organisant par lui-même pour arracher, le plus tôt possible, sa libération du joug de la sanglante dynastie EYADEMA-GNASSINGBE. Cela, afin d’ouvrir la voie au rapatriement, en terre togolaise, des restes de Sylvanus OLYMPIO et de son épouse Dina et que soient organisées, dans la plus grande solennité et dignité, les obsèques nationales qu’ils méritent pour la grandeur de l’œuvre accomplie pour la conquête de l’indépendance du Togo. Rapatriement et obsèques que la morale, le bon sens et la décence exigent de ne faire intervenir qu’après que cette dynastie familiale qui l’a assassiné ait été démise du pouvoir politique.

Trahison à répétition de la mémoire de Sylvanus OLYMPIO et du peuple togolais

Cela est d’une nécessité absolue pour en finir avec les entreprises de trahison à répétition de la mémoire de Sylvanus OLYMPIO et du peuple togolais que certains de ses propres compagnons ont inaugurées en se fourvoyant, au lendemain de son assassinat, dans la participation à la « Table ronde d’union et de réconciliation nationales » de février 1963 qui mit en place le gouvernement de collaboration avec ses assassins d’où ils furent chassés peu après y être entrés. Puis, finalement contraints à l’exil, nombre d’entre eux allaient y mourir.
A leur suite, c’est inlassablement que la lutte de tout un peuple a été trahie, bradée, liquidée et vendue depuis le soulèvement populaire du 5 octobre 1990, à travers ces 28 dialogues, négociations et accords qui se sont succédé comme autant de marchés de dupes continuellement renouvelés par une « opposition démocratique » collaborationniste, toujours prête à sauver la dynastie EYADEMA-GNASSINGBE dont le peuple togolais n’a jamais cessé de chercher à se débarrasser. N’est-ce pas ce que nous venons encore de voir avec le mouvement engagé, à partir du 19 août 2017, à l’initiative du Parti national panafricain (PNP) et qui a été liquidé par la C14 pour avoir été subordonné à un énième « dialogue » sans issue avec cette dictature dynastique assassine et dont le peuple togolais n’a jamais voulu, instruit par les déboires du passé ? Mais, imposé par l’impérialisme, principalement français, qui l’a fait sponsoriser par les dictatures sous-régionales corrompues de la CEDEAO qu’il maintient à sa botte, sa tenue à tout prix sous leur égide ne visait qu’à mieux piéger cette « opposition démocratique ». C’est ainsi que ce mouvement, pourtant plein de promesses, a finalement été conduit à cette incompréhensible défaite que furent les mascarades d’élections législatives de décembre 2018 et locales des mois derniers.
Depuis lors, après avoir ouvertement proclamé et œuvré à « Donner un 3e mandat » à Faure EYADEMA-GNASSINGBE lors de la mascarade d’élection présidentielle de 2015, la plupart des composantes de la C14, en bons « démocrates » qu’ils prétendent être, s’apprêtent à recevoir à nouveau ses subsides pour l’« accompagner » dans la mascarade d’élection présidentielle qu’il prépare pour le mois d’avril 2020. Cela, en dépit du fait qu’il ait massacré de 400 à 500 citoyens togolais innocents en 2005, selon la Mission de vérification des faits de l’ONU, plus de 1 000 selon la LTDH, pour aller s’assoir en toute illégalité monarchique dans le fauteuil présidentiel laissé vacant par le décès de son père, et ait continué à faire tuer de pauvres citoyens innocents depuis le 19 août 2017. De plus, bien qu’en ses 15 ans de pouvoir il ait fabriqué plus de 100 milliardaires en favorisant leur enrichissement illicite sur le dos du peuple togolais à travers le pillage sans vergogne de ses fonds publics, nombre de ces bons « démocrates » de la C14 s’apprêtent à œuvrer à lui « Donner un 4e mandat supplémentaire » !

L’impérieux devoir pour le peuple togolais de prendre son destin en main !

Face à l’incroyable désastre auquel conduirait la réussite d’un plan aussi insensé que machiavélique, le peuple togolais a l’impérieux devoir de prendre son destin en main, pour se sauver par lui-même. En mettant fin à l’impasse et aux terribles souffrances qu’il endure comme conséquence de la collaboration contre-nature de ceux en qui il n’a cessé de placer sa confiance à la direction de ses luttes avec la même sanglante dynastie dictatoriale qui l’opprime et le réduit en esclavage, après avoir lâchement assassiné Sylvanus Epiphanio Elpidio Kwami OLYMPIO, le 13 janvier 1963 !

• Honneur et gloire à la mémoire de Sylvanus OLYMPIO !
• A bas les assassins, les traîtres et les corrompus !
• Le peuple togolais vaincra !

Lomé, le 7 septembre 2019
Claude AMEGANVI
Secrétaire chargé de la coordination du Parti des travailleurs