» Rôle des médias dans le génocide, et les dangers de la xénophobie, du racisme et de l’intolérance », c’est le thème autour duquel Nadiétou Zibilila, responsable du Centre d’Information des Nations Unies (CINU), le professeur Magloire Kuakuvi, et les professionnels des médias ont débattu ce 10 avril 2019, en commémoration du 25è anniversaire du génocide rwandais.

Par un extrait du long métrage  » Hôtel Rwanda » , les participants à cette conférence-débat se sont replongés dans les horreurs et les atrocités perpétrés et vécus par les Rwandais. Ce génocide a été possible à cause de certains stéréotypes créés exprès par les colons belges et alimentés par les leaders rwandais de tout bord et les populations elles-mêmes, créant ainsi la haine et l’intolérance des uns envers les autres. De cette haine et de cette intolérance est né le génocide de 1994, génocide au cours duquel plus de 800.000 Rwandais, en grande majorité des Tutsis, mais aussi des Hutus modérés ont été massacrés.
António Guterres, secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU), dans son message publié à l’occasion de ce 25è anniversaire du génocide rwandais a « demandé instamment à tous les dirigeants politiques, chefs religieux et représentants de la société civile, hommes et femmes de dénoncer les discours haineux et la discrimination ».
Il les a encouragé à « s’attaquer et à remédier énergiquement aux maux qui nuisent à la cohésion sociale et créent un climat propice à la haine et à l’intolérance ».

 

La responsabilité des médias a été largement évoquée lors de cette rencontre où Nadiétou Zibilila, responsable du Centre d’Information des Nations Unies a convié les journalistes à beaucoup plus de respect à l’éthique et à la déontologie liées à leur profession. Ceci en rappel des appels lancés sur les ondes de la radio Mille Collines du Rwanda. Des appels à l’extermination systématique des Tutsis. Ici le rôle des médias à prôner la paix, la cohésion, la stabilité et le vivre ensemble a été sérieusement entaché.
Les médias sont d’importants acteurs dans la réalisation et le maintien de la paix sociale. Il leur revient de savoir poser des sujets, qui vont dans le renforcement des liens qui unissent les populations, et qui participent au développement et à l’épanouissement des sociétés.

L’occasion prête aussi, à appeler les populations à la vigilance et à la veille citoyenne, pour s’insurger contre les acteurs politiques et les leaders d’opinion qui surfent sur des réalités ethniques et tribales pour opposer les citoyens les uns aux autres.

 

Midohui Têko