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20 janvier 2021

La Chronique de Yves de Fréau: Abalo Jean-Paul, la rançon de l’humilité

La Chronique de Yves de Fréau: Abalo Jean-Paul, la rançon de l’humilité

« Tu nous as prouvé qu’on peut tout trouver ici chez nous ». Parole du ministre en Charge des Sports, M. Foli-Bazi Katari, à l’endroit d’Abalo Jean-Paul Dosseh, sélectionneur des Eperviers locaux du Togo, à leur retour à Lomé, le dimanche 20 octobre 2019. Bien sûr, à la suite de leur qualification pour la phase finale du CHAN à Agege face aux Super Eagles du Nigéria, 0-2, après le 4-1 de l’aller à Kégué…

Ces mots, prononcés par un membre du gouvernement, à l’heure où l’équipe nationale fanion de Claude Le Roy, n’en finit pas de « contribuer » méticuleusement à ses propres contreperformances, ont un multiple sens. Mais ici, on choisit de prendre juste deux sens, de la phrase sortie de la bouche du ministre Foli-Bazi : celui de la reconnaissance du gigantesque travail abattu par Abalo Jean-Paul Dosseh au cours de ces éliminatoires, et dans l’autre sens, la nécessité pour le football togolais, d’avoir le courage de se passer des services de l’inutile technicien français…

C’est permis de se tromper, oui, mais l’essentiel c’est de savoir vite se reprendre. Et lorsque face à l’acteur principal de l’historique qualification pour un premier CHAN du Togo, le patron du sport national, déclare, « Tu nous as prouvés qu’on peut tout trouver ici chez nous », ce ne serait qu’un pas vers la rédemption… Une vérité. Un constat. Une affirmation d’un ministre-connaisseur, attendu depuis bien longtemps au carrefour des mille et une défaites contractées par Claude Le Roy sur le dos d’une équipe nationale du Togo, mise en état de régression perpétuelle, au détriment des millions de francs CFA togolais.

De son côté, et la tête bien posée sur ses épaules, le technicien-héro d’Agege, faisait sa propre école, creusant, fouillant et examinant, tel un archéologue, tout objet que sa main touche, tout objet que son pied entrecroise… A un moment, on avait l’impression qu’Abalo Jean-Paul Dosseh, avait pigé les trois leçons les plus importantes d’un bon sélectionneur. Celle, la première, qui dit qu’on ne triche pas de mauvaises choses, autrement dit, il a peu de choses ou presque rien à apprendre de Claude Le Roy… La seconde, enseigne seulement de ne pas changer de poste par fantaisie, à un joueur sélectionné pour le rôle qu’il tient bien en club… Et la troisième leçon qui refuse qu’un sélectionneur change constamment son équipe…

C’est de cette manière que consciemment, le vieux technicien a détruit la sélection togolaise. Il n’est donc pas un exemple à suivre, au contraire de son élève Jean-Paul qui sait désormais faire la part des choses. Comme a su le faire en son temps, le regretté Stephen Keshi, l’homme qui a qualifié le Togo pour sa première et seule coupe du monde. Il disait, « Changer constamment son équipe, c’est la plus mauvaise chose qu’un sélectionneur puisse faire. Ce n’est qu’une perte de temps et ça ne fait jamais bâtir une équipe solide, ce n’est pas intelligent. Un entraineur quand il choisit ses onze meilleurs, ces derniers doivent apprendre à jouer ensemble le plus possible. S’il les prépare bien, ils sont en forme, ils sont frais, ils sont confiants et sont capables de battre n’importe quel adversaire ».

Cette même méthode, ce même discours et cette même confiance transmis à ses joueurs par Abalo Jean-Paul Dosseh, il suffisait à l’ancien défenseur d’Amiens, de leur ajouter l’esprit de combat, de persévérance et d’endurance, et voilà, le Nigéria, éliminé sur ses propres terres ! Ni l’adversité ni l’hostilité nigériane, encore moins, le temps additionnel interminable venu de nulle part, n’ont pu avoir raison de la détermination des protégés d’Abalo. La différence entre l’élève et son soi-disant maitre, s’est faite donc là. Et au contraire du vieux qui a l’habitude de chanter à ses joueurs les louanges de ses adversaires, le jeune sélectionneur a appris dans ses propres fouilles, à relativiser tout simplement : on sera à onze contre onze, dixit Abalo, avant d’affronter les vices champions du CHAN sur leur terre d’Agege ! Douce et positive phrase qui nous fait croire en ses capacités de mener très loin le Togo dans cette édition de CHAN auquel ce pays n’avait jamais pris part.

Dire que le coach Abalo Jean-Paul Dosseh, à l’arrivée ici du « sorcier blanc », a vu son poste de sélectionneur adjoint atterrir d’abord chez Sébastien Minet, avant de se retrouver au domicile de Julien Chevalier. Beaucoup d’autres coaches, à la place de l’ancien capitaine des Eperviers, aurait boudé sérieusement, mais Jean-Paul, par son éducation et sa culture togolaise a su se taire et rester humble. Ses compatriotes l’apprécient également pour ça. Pour son inoxydable humilité.

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